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Asile, un droit. l'accueil, un devoir?

asiledroitsc.jpg

5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 05:20

logo-ftdacommuniqué de France Terre d'Asile

Le ministère de l’Intérieur a annoncé hier une hausse du budget consacré à l’asile de l’ordre de 27% pour 2012. Cela mérite plusieurs explications et appelle quelques conclusions.

 

Selon le ministère, le budget consacré à l’asile passerait de 296 millions d’euros en 2011 à 376 millions d’euros en 2012, soit une augmentation de 80 millions d’euros. En réalité, il convient de relativiser cette hausse puisqu’elle ne concerne que les prévisions budgétaires et non les crédits réellement consacrés à l’accueil des demandeurs d’asile.

Or, comme nous le dénonçons chaque année aux côtés du Sénat, de la Cour des Comptes et de l’IGAS, le budget asile soufre d’une sous-budgétisation chronique. Pour exemple, en 2010, il était de 285,6 millions d’euros alors que les crédits consommés ont atteint 410 millions d’euros, soit une différence de 124,6 millions d’euros.

 

Le budget 2012 traduit donc une plus grande sincérité budgétaire qui ne signifie pas pourtant une hausse réelle des crédits consacrés à l’asile. Si cet effort de transparence est néanmoins à saluer, il ne doit pas cacher une réalité beaucoup moins satisfaisante.

Dans un contexte de hausse continue de la demande d’asile, et comparés aux 410 millions d’euros qui ont été nécessaires en 2010, force est de constater que les 376 millions d’euros prévus pour 2012 apparaissent bien insuffisants. D’autre part, rappelons que la politique d’accueil des demandeurs d’asile est en crise depuis plusieurs années. En 2010 comme en 2009, moins d’un demandeur d’asile sur trois a pu bénéficier d’une prise en charge en centre d’accueil pour demandeur d’asile (CADA).

 

Enfin et surtout, il convient de souligner que derrière une augmentation toute relative des budgets alloués aux mesures d’urgence (allocation temporaire d’attente et hébergement d’urgence pour demandeurs d’asile), il existe une baisse bien réelle du budget consacré aux CADA, considéré pourtant par le ministère comme le dispositif le plus adapté aux personnes en quête de protection. Après une baisse historique de 4% en 2011, c’est donc une nouvelle baisse substantielle de leur budget que les CADA vont subir, risquant fort de mettre à mal leurs missions premières : héberger et accompagner les demandeurs d’asile. Cela se traduira dès 2012 par la suppression de plus de 400 emplois d’accompagnement en CADA, soit près de 20% des effectifs. A cela, il faut rajouter la disparition des postes d’accompagnement dans les dispositifs d’hébergement d’urgence (HUDA), programmée par la circulaire du 24 mai 2011.

Quelles conclusions tirer de cette première annonce budgétaire ? Qu’une plus grande sincérité budgétaire n’est pas pour autant synonyme de hausse des crédits. Que le budget asile 2012 obéit à un choix politique clair : celui de privilégier les mesures d’urgence, pourtant plus onéreuses et moins protectrices, au détriment des dispositifs pérennes, moins chers et plus adaptés et d’une bonne gestion des deniers publics. Et que, derrière cette hausse relative, la situation des demandeurs d’asile, elle, ne risque pas de s’améliorer.

Paris, cp/France terre d'asile, le 29/09/2011

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Rémy Kossonogow - dans national
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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 05:54

Le Collectif Santé Etrangers Rhône

La Commission Droit des Etrangers

du Barreau de Lyon

propose une rencontre sur le thème :

 

secret-medical.jpg« La place du secret médical dans le droit au séjour pour soins »

 

 

 

 

Vendredi 21 Octobre 2011

De 9h00 à 11h00

À l’Ordre des Avocats

34 rue de Bonnel

69003 Lyon

 

Contexte et objectifs de la rencontre

La loi du 16 juin 2011 relative à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité modifie profondément les conditions du droit au séjour pour les étrangers dont l’état de santé nécessite une prise en charge médicale.

La procédure de demande de titre de séjour pour raisons médicales nécessite, par définition, l’intervention d’administratifs et de professionnels de santé.

Plusieurs acteurs interviennent donc à des stades divers de cette procédure, et selon des modalités différentes.

 

Cette rencontre s’adresse donc aux professionnels qui accompagnent les étrangers dans leur demande de titre de séjour pour raisons médicales.

Elle a pour objectifs de :

- Informer les acteurs concernés sur les nouvelles modalités pratiques de la demande de titre de séjour pour raisons médicales, dans ses aspects administratifs et médicaux

- D’échanger sur les contraintes rencontrées par les différents acteurs de la demande de titre de séjour pour soins

- De réunir professionnels de la santé, avocats, associatifs pour aborder ensemble la question de la préservation du secret médical dans ce nouveau contexte

 

Pour inscription et pour toutes informations complémentaires,

merci de contacter Aurélie ERAGNE (CIMADE) 04.72.98.22.92 / 06.25.43.09.22

ou par mail celine.rabourdin@lacimade.org

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Rémy Kossonogow - dans régional
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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 05:39
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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 08:49

préfectureUne délégation a été reçue le 30 septembre par le secrétaire général de la préfecture Cyrille Le Vely et Sylvie Carle, directrice de la règlementation suite à la mobilisation de soutien et la manifestation du dimanche 25 septembre.

 

En remettant plus de 300 signatures de soutien, les représentants de RESF, de la Coordination Savoie pour le droit d’Asile et le maire d’Albertville ont demandé qu’un examen de la demande de titre de séjour de la famille puisse être fait à la lumière des éléments actualisés.

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 05:50

http://www.mediapart.fr/article/offert/af503fbce998063d1d968ef85fcb50bf

 

À peine ouvert, le nouveau centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot en Seine-et-Marne connaît sa première mobilisation. Une soixantaine de retenus viennent d'écrire une lettre dénonçant leurs conditions d'enfermement dans ce lieu qui a ouvert ses portes au milieu de l'été, à quelques centaines de mètres des pistes de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

 

Ce genre de document est rare: la pétition, rédigée à la main par un des étrangers en instance d'expulsion, a été confiée à la Cimade, chargée de l'accompagnement juridique des personnes retenues, en vue d'être diffusée à la préfecture, au procureur de la République, au ministère de l'intérieur et aux «associations de droits de l'homme».

 

lire la suite

 http://www.mediapart.fr/article/offert/af503fbce998063d1d968ef85fcb50bf

 

petition-menil-a-240911.png

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Rémy Kossonogow - dans national
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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 05:47

carinefouteau 021 septembre 2011 | Par Carine Fouteau

Source TERRA : http://www.mediapart.fr/journal/france/210911/sans-papiers-ne-les-envoie-pas-vers-auschwitz-se-defend-klarsfeld

 

Le nouveau président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, Arno Klarsfeld, s'est posé en héraut de la politique du chiffre en matière d'expulsion des étrangers en situation irrégulière dans l'une de ses premières interventions médiatiques comme représentant de cette institution. «S'il n'y a pas de politique du chiffre, c'est-à-dire s'il n'y a pas d'aiguillon sur les préfets, alors les préfets ne font pas ce travail de renvoyer, non pas vers la mort, non pas vers Auschwitz», a-t-il déclaré mercredi 21 septembre sur France Inter (écouter l'émission).

«C'est pas la politique du chiffre qui est importante, a-t-il ajouté, c'est où vont les gens, est-ce qu'ils vont vers une destination fatale. Non, les Roms qui sont renvoyés, disons, en Roumanie, vont vers un pays où ils sont moins heureux qu'en France, mais c'est pas pour autant qu'ils peuvent rester en France. S'ils courent un risque, d'accord, mais s'ils ne courent pas de risque, je ne vois pas où est le problème.»

«S'il n'y a pas d'aiguillon sur les préfets, a-t-il insisté, c'est-à-dire si les préfets ne sont pas, disons, entre guillemets, emmerdés administrativement par leur hiérarchie, alors ils ne font pas le travail parce que c'est un travail qui est difficile, emmerdant, qui suscite des tracas administratifs, qui nécessite de recevoir les associations, ils se font mal voir.»

Sur la même radio, le président de la Ligue des droits de l'homme (LDH), Pierre Tartakowsky, a dénoncé des propos «désinvoltes» et «irresponsables». «Je ne crois pas que la politique du chiffre soit là pour emmerder les préfets mais elle est là pour habiller l'horreur» car «une fois qu'on a déterminé le chiffre, c'est là que l'humanité commence à reculer», a-t-il indiqué.

 

De son côté, Pierre Henry, le directeur général de France terre d'asile (FTDA), estime que l'intervention d'Arno Klarsfeld, qui a notamment qualifié l'Ofii de «bonne fée»«pourrait simplement prêter à sourire et relever du comique si l'immigration n'était un sujet sérieux qui requiert expertise, humanité et projet politique».

«Apparemment, poursuit-il, personne n'a expliqué à Arno Klarsfeld que nous n'étions pas dans un conte pour enfants avec bonnes et mauvaises fées, mais que l'Ofii est un opérateur du ministère de l'Intérieur, une administration de gestion des flux migratoires qui est mise aujourd'hui à contribution pour une politique de combat au service d'une stratégie électorale.»

«Arno Klarsfeld explique que ce n'est pas “mal” de renvoyer les étrangers en situation irrégulière, car la France ne les renvoie pas vers Auschwitz. Chacun appréciera le ridicule de l'argument», estime-t-il, conseillant au nouveau directeur de «potasser quelques fiches» sur la situation de pays d'origine, comme l'Afghanistan, le Soudan, le Kosovo et la RDC, sur les politiques de discrimination des Roms en Europe, sur la situation «désastreuse» de l'accueil des demandeurs d'asile en France et sur l'«insuffisance» des moyens consacrés à l'intégration.

 

À l'été 2006, l'avocat proche de Nicolas Sarkozy avait été nommé pour mettre en œuvre la circulaire visant à régulariser des sans-papiers dont les enfants étaient scolarisés. Son action n'avait alors pas été jugée convaincante par ses interlocuteurs associatifs notamment.

Source TERRA : http://www.mediapart.fr/journal/france/210911/sans-papiers-ne-les-envoie-pas-vers-auschwitz-se-defend-klarsfeld

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Rémy Kossonogow - dans national
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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 05:44

communiqué de presse de l'anafé

http://www.anafe.org/download/communiques/CP%20%20Anaf%E9-%20Des%20avocats%20aux%20fronti%E8res%20-%2019%20sept2011.pdf

 

Anafé

Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers

 

 

Organisation d'une permanence d'avocats dans la zone d'attente de Roissy

Du 26 septembre au 2 octobre 2011

19 septembre 2011

 

Chaque année, la police aux frontières (PAF) décide de refuser l'entrée en France à des milliers d'étrangers, et de les renvoyer d'où ils viennent.

Ils sont demandeurs d’asile, simples touristes, participants à des conférences, étrangers autorisés à séjourner en

France, personnes venues voir leur famille, artistes, mineurs parfois.

Leur sort se joue bien souvent de manière arbitraire et expéditive, sans qu’ils ne puissent se défendre.

Depuis plusieurs années l’Anafé demande, en vain, que ces personnes puissent bénéficier du concours d’un avocat.

La Cour Européenne des droits de l'homme a pourtant condamné à l'unanimité la France en 20071 pour l'absence de recours effectif en zone d'attente; mais quatre ans plus tard, la situation demeure inchangée, voire pire à certains égards.

 

Face à l’arbitraire, l’Anafé a décidé de mettre en place une permanence d'avocats au sein de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle du 26 septembre au 2 octobre 2011, en partenariat avec l'association

Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE) et le Syndicat des avocats de France (SAF).

Ceci afin de caractériser la nécessité et l’urgence d’une réelle assistance juridique dès l’arrivée dans cette zone d’attente.

 

Le bilan de cette semaine test permettra également de sensibiliser l’opinion publique sur l’ineffectivité des droits des étrangers à la frontière.

 

Complément d’information

En 2010, 9229 personnes ont été placées en zone d'attente, dont 7491 à Roissy.

La situation actuelle crée de graves inégalités parmi les étrangers maintenus. Ceux qui ont suffisamment de moyens financiers, a supposer qu'ils aient le temps et la possibilité d'un contacter un, peuvent rémunérer un avocat, les autres doivent s’en passer.

Il existe des permanences d'avocats devant le juge des libertés et de la détention ou le tribunal administratif. Mais la plupart des étrangers en zone d’attente ne sont pas présentés devant ces juridictions car ils sont refoulés trop rapidement.

L’assistance d’avocat est notamment importante en cas de refus d'entrée au titre de l'asile. En effet, l’étranger qui veut alors déposer un recours doit le faire dans un délai impératif de 48 heures. Un étranger maintenu en zone d'attente n'a aucun moyen de rédiger seul, et de motiver en droit et en fait un tel recours, à la technicité évidente. A titre d'exemple, en 2009, dans l'ensemble des zones d'attente, 3285 personnes ont demandé l'asile, le taux de décisions positives était d'environ 27%. Parmi les 2405 personnes ayant eu une décision de rejet, seules 760 ont pu déposer un recours en annulation.

Il en va de même des décisions de refus d'entrée et de renvoi à d'autres titres que l'asile, pour lesquels le plein exercice des droits de recours est trop technique pour être exercé sans le concours d’avocats.

Enfin, l’Anafé ne saurait se substituer à un service qui devrait être mis en place par l’Etat et assuré par des avocats.

L’association tient depuis 2004 une permanence juridique afin d’informer et d’assister une petite partie des étrangers maintenus en zone d'attente (à Roissy en 2010, 767 aidées pour 7491 personnes maintenues). Sa présence ne saurait évidemment garantir le respect des droits de toutes les personnes maintenues. L'objectif premier de l'Anafé n'est en effet pas de venir en aide à tous les étrangers maintenus en zone d’attente, mais d’y être présente régulièrement pour en observer et dénoncer les dysfonctionnements.

126 avril 2007, arrêt GEBREMEDHIN c. FRANCE, n° 25389/05

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Rémy Kossonogow - dans national
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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 06:03

Par Delphine Perrin

http://www.touteleurope.eu/fr/actions/citoyennete-justice/schengen/analyses-et-opinions/analyses-vue-detaillee/afficher/fiche/5440/t/43872/from/2271/breve/delphine-perrin-la-politique-europeenne-de-migration-et-dasile-est-irresponsable.html?cHash=14f3151377

 

Vendredi 16 septembre, la Commission européenne doit présenter son projet de réforme de l'espace Schengen. Contrairement à la demande de la France, elle souhaite limiter la possibilité de réintroduire des contrôles temporaires aux frontières en cas d'immigration massive. D'un autre côté, constate Delphine Perrin, chercheuse à l'Institut universitaire européen de Florence, l'Union européenne a géré les conséquences migratoires des révoltes arabes avec un réel cynisme, en contradiction avec le droit européen. Bilan et perspectives de la politique commune de l'immigration et de l'asile.


Touteleurope.eu : Comment le système migratoire et d'asile européen a-t-il géré les conséquences des révoltes arabes ?

Delphine Perrin est chercheuse auprès du Migration Policy Centre à l'Institut universitaire européen de Florence, spécialiste du droit et des politiques de l’immigration et de l’asile dans l’espace euro-africain.

Delphine Perrin :
La réponse de l'Union européenne est loin d'avoir été satisfaisante, surtout en matière d'asile. On peut regretter que l'ensemble des révoltes arabes et les crises, en particulier en Libye, n'aient pas fourni l'occasion aux Etats européens de montrer leur engagement en matière d'asile et de politique commune.

Le droit d'asile commun existant devrait être respecté. Or nombre de droits fondamentaux ont été violés ces derniers mois par des pays européens, en particulier le principe de non-refoulement. Les dysfonctionnements inhérents aux règles actuelles, notamment le système de Dublin qui sous-tend la sur-responsabilisation des pays du Sud de l’Europe, ont été dévoilés au grand jour et aucune réponse n'y a été apportée autrement qu’en renforçant les frontières extérieures et intérieures.

La directive instituant un mécanisme de protection temporaire a été adoptée en 2001. Elle tire les enseignements de la guerre au Kosovo, au cours de laquelle des populations se sont déplacées en masse sur le continent européen. Elle vise à permettre aux populations quittant un pays en guerre d'être considérées comme des réfugiés, auxquels on apporte une protection temporaire donc moindre que celle prévue par la convention de Genève de 1951 basée sur un examen individuel des demandes d'asile. Elle implique également une répartition de la charge entre les Etats membres de l’UE.

On peut déplorer également que la protection temporaire, qui a été élaborée en 2001 juste après la guerre au Kosovo, n'ait jamais été activée, alors que nous avions une occasion unique de montrer à quoi elle servait. Celle-ci permettait justement une réponse rapide et collective, initiée par la Commission. Et la guerre en Libye offrait justement toutes les conditions pour que cette protection soit activée. La Tunisie et l'Egypte ont été surchargées de personnes qui ont fui la Libye, il aurait été normale que l'Europe participe, territorialement et non pas seulement financièrement, à la protection des réfugiés. Or la Commission, qui par ailleurs dispose désormais d'un droit d'initiative en matière d'asile, n'a pas activé cette protection, malgré les recommandations du Parlement européen et du Haut Commissariat des nations unies pour les réfugiés.

Pour quel résultat ? On a laissé les individus fuir seuls la Libye, sur des embarcations à bord desquelles ils ont risqué leur vie, ils ont été refoulés en mer ou non sauvés par les navires européens et de l'OTAN (contre qui le Gisti a d'ailleurs menacé de déposer une plainte). On assiste également à une désolidarisation vis-à-vis des pays du Sud de l'Europe : Italie, Malte… qui du coup se sentent injustement surchargés d'un accueil de réfugiés destinés à l'ensemble de l'UE.

On peut regretter, enfin, le manque d’engagement des pays européens en matière de réinstallation des réfugiés ayant trouvé un "premier asile" dans les pays du pourtour de la Libye sans perspective de pouvoir y rester.

Touteleurope.eu : Pouvait-on s'attendre à une telle réaction des Etats ?

D.P. : On pouvait s'y attendre, mais il est important de ne pas s'habituer au cynisme européen et au total manque de solidarité vis-à-vis du Sud de la Méditerranée. Au contraire, réclamons des institutions européennes qu'elles aillent à l'encontre des replis populistes des Etats membres. Presque tous les Etats européens utilisent aujourd'hui cette supposée pression de l'étranger à des fins politiciennes. A quoi bon des institutions européennes si elles ne font que les suivre, et sont incapables de rappeler l'existence du droit communautaire ?

La Commission est dans une situation difficile, on ne peut pas le nier : même si elle avait initié la protection temporaire, les Etats membres auraient certainement refusé de la valider. Mais pourquoi est-elle à ce point incapable de rappeler les pays membres à leurs obligations ? Vis-à-vis de toutes les violations du droit d'asile, et notamment de l'interdiction fondamentale de refouler des individus vers des pays en guerre où ils risquent leur vie, la Commission a fait également preuve d'un silence assourdissant, et ça ne date pas des révoltes arabes.

Il y a eu aussi des déclarations malheureuses de représentants européens, notamment la commissaire aux Affaires intérieures Cecilia Malmström qui a affirmé, après le début de l'insurrection en Libye, ne pas constater d'urgence en matière d'accueil de réfugiés puisqu'aucun "immigrant" n’était encore arrivé de Libye sur le continent européen ! C'est une aberration : la plupart des personnes fuyant les côtes libyennes sont des réfugiés venant de Somalie ou d'Erythrée, et par ailleurs la frontière méditerranéenne est désormais infranchissable, l'opération Frontex venant d'être renforcée pour empêcher les individus d'arriver… c'est d'un cynisme incroyable.

Touteleurope.eu : Quelles leçons l'Union européenne a-t-elle tiré de cette crise ?

D. P. : Malheureusement, je crois qu'elle n'en a tirée aucune. Il y aurait pourtant de quoi réfléchir, mais nous sommes actuellement confrontés à deux forces contraires : d'une part la Commission européenne a entamé depuis plusieurs mois une révision de l'ensemble des directives sur le droit d'asile, afin de renforcer la protection des réfugiés à l'échelle européenne ; parallèlement, les textes récemment adoptés en réaction aux révoltes arabes prévoient un renforcement de l'externalisation de la protection des personnes en Méditerranée. Parmi les mesures à court-terme, le Conseil Justice et Affaires intérieures du 11 avril avait prévu de renforcer la coopération avec les pays nord-africains pour qu'ils préviennent les flux migratoires illégaux, qu'ils gèrent davantage leurs frontières et facilitent les retours et réadmissions. C'est ce qu'on a demandé à des pays en pleine transition, dont les régimes sont provisoires et dont les forces policières et militaires ont sans doute autre chose à faire que de contrôler les sorties vers l'Europe... Mais surtout, à quoi bon renforcer la protection sur le territoire européen si personne ne peut y accéder ?

A plus long terme, la Commission européenne veut engager de nouveaux partenariats et réviser sa politique de voisinage. On pourrait imaginer qu'elle tienne compte de la démocratisation dans les pays du Sud, or en matière migratoire c'est le contraire : elle ne veut pas simplement poursuivre mais renforcer la pression sur les pays extérieurs. Désormais on peut officiellement parler de "conditionnalité migratoire à la coopération" : il est prévu que le degré de coopération sera lié aux efforts des Etats en matière de contrôle des frontières et de gestion des personnes sur leur territoire, sans envisager la possibilité que ces Etats, susceptibles d’être davantage à l’écoute de leurs populations, se refuseront dès lors à bloquer la sortie de leurs ressortissants notamment.

Les documents de la Commission et du Conseil mentionnent également le développement des programmes régionaux de protection dans les pays du Sud, afin que la protection des réfugiés soit prise en charge de l'autre côté de la Méditerranée. Elle confirme ainsi la politique qu'elle a menée depuis les révolutions arabes, mais aussi auparavant : déresponsabilisation vis-à-vis de la protection des réfugiés et financement de cette protection dans les pays-tiers. Une orientation qui va à l'encontre d'une véritable politique européenne de l'asile et d’un partage du "fardeau" des réfugiés.

Touteleurope.eu : A la demande de la France notamment, la Commission s'apprête à publier sa proposition de réforme de l'espace Schengen. Au vu de son probable contenu, peut-on s'attendre à un bras de fer avec les Etats membres ?

D.P. : Sur ce point, on peut saluer le rôle et les efforts de la Commission européenne ces dernières semaines. Le bras de fer a déjà été engagé, la Commission a tenu bon : elle a profité de l'occasion offerte par les Etats qui souhaitaient remettre en question l'espace Schengen, pour essayer de le communautariser davantage. Elle se positionne dès lors comme une véritable institution européenne, en cohérence avec une politique migratoire et d'asile commune. Et si elle le fait, c'est qu'elle pense avoir des chances d'obtenir un accord.

La Commission européenne doit annoncer mardi 13 septembre sa proposition de réforme de l'espace Schengen. D'après le texte, les Etats pourront toujours, en cas d'événement imprévus, y compris une immigration soudaine et massive, décider de réintroduire des contrôles, mais pendant une durée cette fois limitée à cinq jours. Au-delà, ils devront faire une demande justifiée à la Commission, et cette requête sera soumise à la majorité qualifiée des Etats de l'UE.

Mais la tâche ne sera pas simple, sachant qu'un deuxième point devrait entraîner une bataille : la révision du système de Dublin, qui implique une sur-responsabilisation des pays situés aux frontières extérieures de l'UE. Sur ce point, la Commission n'a pas encore fait de proposition, même si c'est quelque chose qui est réclamé depuis longtemps : en avril, les 5 Etats du Sud ont fait une déclaration commune réitérant cette demande. Soyons optimistes : tout le monde commence à réaliser qu'une petite compensation doit désormais être offerte à ces derniers.

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Rémy Kossonogow - dans point de vue
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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 05:34
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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 18:51
Sur décision du juge des libertés, le jeune couple d'Albertville et son bébé de 21 mois enfermés en centre de rétention administratif à Lyon St Exupéry depuis 5 jours ont été libérés ce dimanche après-midi.
RESF Savoie, la Coordination d'Albertville pour le Droit d'Asile, le Secours Catholique, la Ligue des droits de l'Homme remercient les nombreux soutiens, tant les élus et les organisations que les simples particuliers. Nous saluons l'aide précieuse du RESFLyon et de la LDH du Rhône. Enfin, nous devons rendre hommage au travail très professionnel et humaniste des avocats commis en urgence.
Les parents et amis du jeune couple remercient les soutiens bien présents dans cette circonstance difficile.
En ce dimanche soir 25 septembre,si l'heure est au soulagement la famille reste sous la menace de l'expulsion. Nous maintenons les pétitions et la demande d'audience à M Le Préfet de la Savoie afin qu'une solution stable et pérenne soit trouvée.   
  
Mireille Bertho (LDH73 et RESF-Savoie)
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