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Asile, un droit. l'accueil, un devoir?

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 00:03

texte intégral ici http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20150910.OBS5614/la-distinction-entre-bons-refugies-et-mauvais-migrants-n-est-pas-tenable.html

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Pour Eric Fassin, sociologue spécialiste de l'immigration, la réhabilitation des réfugiés est un début. Mais l'idée que l'immigration est une chance n'a pas encore gagné les esprits des élites.

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L'Europe est d'accord pour accueillir les réfugiés "qu'il faut protéger" mais les migrants économiques ont selon ses dirigeants "vocation à être reconduits à la frontière". Une manière d'entériner l'idée selon laquelle "l'immigration est un problème" et qu'elle doit rester exceptionnelle ? Pour Eric Fassin, sociologue spécialiste de l'immigration, professeur à l'université Paris-8, la réhabilitation des réfugiés est déjà un début. Interview.

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Il y a encore dix jours, le terme "migrant" était employé à tout va pour désigner tous ceux qui quittent leur patrie pour l’Europe, y compris les réfugiés. En quoi la confusion lexicale était-elle préjudiciable ?

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- Le mot "réfugié" avait quasiment disparu du langage politique. Il y a deux semaines, dans la presse, quand le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) utilisait ce mot, on traduisait en français par "migrants". C’est seulement depuis quelques jours qu’à l’exemple du président de la République on redécouvre ce vocable. Or, confondre tous les migrants en une seule catégorie, c’est effacer la distinction juridique. Le droit d’asile a été dissous dans ce qui nous était présenté comme "le problème de l’immigration".

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C’est tout le sens de la notion d’immigration "subie" que Nicolas Sarkozy a imposée dans le débat public en 2005 : il ne s’agissait plus seulement de s’en prendre aux sans-papiers, mais de grossir le "problème" en incluant le regroupement familial et les couples binationaux, mais aussi les réfugiés, bref, toute l’immigration que la France n’aurait pas "choisie". Ainsi, l’immigration "subie" incluait non seulement l’immigration irrégulière, mais aussi l’immigration légale, et en particulier l’asile, qui est de plein droit. Résultat : on soupçonnait les demandeurs d’asile d’être de "faux" réfugiés, et de "vrais" migrants économiques.

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"La distinction entre 'bons' réfugiés et 'mauvais' migrants n'est pas tenable"

Il y a donc une évolution.

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- Quelque chose a bougé ces derniers jours. Mais quelle est la nouvelle logique qui se met en place ? L’Union européenne revendique désormais une répartition des réfugiés, c’est contradictoire avec le règlement Dublin, qui prévoit que les demandes d’asile soient traitées dans les pays où les réfugiés sont enregistrés, et donc dans ceux par où ils sont entrés en Europe - autrement dit, surtout dans le Sud, en Italie et en Grèce. Mais aujourd’hui, l’Allemagne donne l’exemple au Nord.

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Toutefois, dans leur lettre du 3 septembre, Angela Merkel et François Hollande suggèrent autre chose. Ils posent d’emblée la distinction entre les réfugiés qui "fuient la guerre" et les autres migrants "qui tentent d’améliorer leurs conditions matérielles" : il s’agit d’accueillir les premiers, et de reconduire les seconds.

Mais comment va s’effectuer ce "tri" ? Avec des "hotspots", dit la lettre, des "dispositifs d’accueil" qui sont en vérité… des centres de tri. Et de préciser qu’il y en aura en Italie et en Grèce. Autrement dit, la "répartition" se fera davantage au Nord, mais le "tri" continuera de se faire au Sud !

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 00:20

Claire Rodier Gisti.Extrait du Plein droit n°105 « Naufrage de l’asile »

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Hier comme aujourd’hui, l’objectif des États membres de l’UE en matière d’asile consiste à mettre à distance les demandeurs d’asile. Pour ne pas avoir à appliquer la convention de Genève sur les réfugiés dont ils sont signataires ou la Charte des droits fondamentaux de l’UE qui garantit un principe de non-refoulement, quelle meilleure méthode que de faire en sorte que les potentiels réfugiés n’accèdent pas à leurs frontières ? En faisant peser sur des pays non européens – et parfois non démocratiques – la responsabilité de la prise en charge des candidats à l’asile, l’Europe se protège des « indésirables ».
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L’annonce est sortie de la réunion du conseil des ministres de l’intérieur de l’Union européenne (UE) le 12 mars 2015 : pour faire face au nombre toujours croissant de migrants en partance pour l’Europe depuis les zones de conflits au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les ministres des vingt-huit États membres envisagent la mise en place de centres de traitement des demandes d’asile dans des pays tiers. Selon les propos d’un diplomate recueillis le lendemain par l’AFP, la prise en charge des demandeurs d’asile pourrait être confiée au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ou à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). « Une fois la demande admise, l’UE ferait venir le réfugié sur son territoire. »

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Un peu effacé par la terrible actualité du mois d’avril, le projet de camps externalisés pour traiter les demandes d’asile hors d’Europe est en effet réapparu au détour de l’« agenda » présenté par la Commission européenne le 13 mai 2015 pour en finir avec les naufrages à répétition de boat people [1]. Parmi les propositions, un important volet est consacré à la coopération avec les pays tiers pour lutter contre l’immigration irrégulière et prendre en charge les migrants avant qu’ils n’atteignent les rives européennes. On y trouve l’annonce de l’ouverture, avant la fin de l’année, d’un « centre pilote multifonctions » (pilot multi-purpose centre) au Niger : en partenariat avec l’OIM, le HCR et le gouvernement nigérien, il y sera offert de l’information, une protection locale et des possibilités de réinstallation pour les personnes qui en auront besoin. Le centre nigérien ne serait qu’un début : la Commission prévoit que de tels centres, installés dans les pays d’origine et de transit, pourraient aider à éclairer les candidats à la migration sur la réalité du parcours qui les attend, et offrir des options de retour volontaire aux personnes en situation irrégulière.

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Des dictatures partenaires

Ce centre multifonctions est une étape concrète du processus de Khartoum, « dialogue euro-africain » initié en novembre 2014, qu’on appelle aussi « initiative pour la route migratoire UE-Corne de l’Afrique ». Ce dialogue associe les 28 pays de l’Union, Djibouti, l’Égypte, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Kenya, la Somalie, le Sud Soudan, le Soudan, la Tunisie, rejoints par la Norvège et la Suisse, pour affronter de manière conjointe le phénomène migratoire sur la route UE-Corne de l’Afrique. Il y est question de « mettre en place une coopération entre les pays d’origine, de transit et de destination afin de lutter contre l’immigration irrégulière et contre les filières criminelles, notamment par le biais d’initiatives en matière d’assistance technique, de formations et d’échange d’informations et de bonnes pratiques », d’aider les pays participant au processus à créer et à gérer des centres d’accueil, et d’offrir un accès aux procédures d’asile « en conformité avec le droit international ». La présence, dans la liste des partenaires impliqués, de régimes dictatoriaux grands « pourvoyeurs » de réfugiés laisse perplexe. Même si Dimitris Avramopoulos, le commissaire européen chargé de ce dossier, affirme que « nous ne devons pas être naïfs. Le fait que nous coopérions avec des régimes dictatoriaux ne signifie pas que nous les légitimions. Mais nous devons coopérer là où nous avons décidé de lutter contre la contrebande et la traite des êtres humains [2] », on ne peut s’empêcher de penser que, plutôt que de protéger les persécutés, l’Europe cherche avant tout à s’en protéger.

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Le processus de Khartoum s’inscrit dans la continuité de la politique d’externalisation de l’asile menée par l’Europe depuis le début des années 2000. Hier comme aujourd’hui, l’objectif est le même : il s’agit pour les États membres de l’UE de mettre à distance les demandeurs d’asile et, du même coup, d’ignorer leurs obligations en matière de protection internationale. Tous les pays membres sont signataires de la convention de Genève de 1951 sur les réfugiés, qui les oblige à examiner la demande de protection de toute personne qui se trouve sur leur territoire ou se présente à leurs frontières. Cette convention pose aussi un principe de non-refoulement, qui interdit d’expulser ou de refouler un réfugié (ou une personne qui pourrait se voir reconnaître cette qualité) sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée. Le principe de non-refoulement est également garanti par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Pour contourner ces obligations, quelle meilleure méthode que de s’arranger pour que les potentiels réfugiés n’accèdent pas aux frontières des pays où ils pourraient solliciter leur admission au titre de l’asile ?

C’est ce à quoi s’emploie l’UE en faisant d’abord croire qu’elle est « envahie » par les demandeurs d’asile dont un bon nombre seraient des « fraudeurs ». (...)

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>>> La suite de l'article

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Rémy Kossonogow - dans point de vue
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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 16:54
Patrick Weil: la crise liée au droit d’asile «dépasse le cadre de l’Union européenne»

L’Europe n’est pas le bon cadre de gestion de la crise de l’asile dont doit s’emparer l’ONU, selon Patrick Weil, historien de l’immigration au CNRS et professeur invité à l’université américaine Yale.

Article intégral http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Patrick-Weil-la-crise-liee-au-droit-d-asile-depasse-le-cadre-de-l-Union-europeenne-2015-08-24-1347510

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La Croix : La crise de l’asile actuelle est-elle d’une ampleur inédite ?

Patrick Weil (1) : C’est en effet la plus grave crise d’asile depuis la Seconde guerre mondiale. Elle est bien plus grave que celle que l’on a connue dans la décennie 90 lorsque les guerres de l’ex-Yougoslavie avaient provoqué de vastes mouvements de populations, mais sur des territoires circonscrits.

Et ce à quoi on assiste aujourd’hui n’est peut-être qu’une petite partie de ce qui risque de se produire si la communauté internationale continue à rester dans l’inaction. L’on ne mesure pas les conséquences d’un possible affaissement des pays voisins de la Syrie, le Liban et la Jordanie, dans lesquels les réfugiés syriens constituent un tiers de la population.

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Les signaux venus du Liban ne sont pas encourageants. Si le pays ne peut plus gérer la situation, alors, non seulement les Syriens, mais aussi les Libanais prendront la route de l’exil. De même que les Syriens réfugiés dans une Turquie au bord de la guerre civile.

La réaction de l’Europe n’est pas à la hauteur de cette crise mais elle dépasse largement le cadre de l’Union européenne.

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Que faire ?

P. W. : La région du Proche et Moyen-Orient est sous tension depuis longtemps. Mais elle a été fortement déstabilisée par les interventions militaires, en Irak, en Libye.

Il faut que tous les pays et particulièrement ceux, tels les États-Unis, l’Arabie saoudite etc. qui ont contribué au désordre dans la région soient partie prenante aux solutions et pas seulement l’Europe. Il faut donc une réunion internationale.

La France a, avec le Royaume-Uni, le seul siège européen au Conseil de sécurité de l’ONU, qu’elle s’en serve ! La force de réaction du Conseil de sécurité dépend aussi de qui intervient. Au président François Hollande de mesurer la gravité de la situation et de réclamer d’urgence une réunion sur cette crise.

L’Union européenne doit certes prendre sa part. Mais elle ne constitue pas le bon cadre d’intervention. L’enjeu est mondial. La question doit donc être gérée au niveau planétaire avec ses dimensions militaires, sécuritaires, humanitaires et économiques.

Car il ne s’agit pas seulement de se répartir des demandes d’asile comme les pays européens le font en boutiquier comme s’il s’agissait de se répartir des quotas laitiers. Qui plus est sans tenir compte de l’ampleur des besoins.

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Y a-t-il des périodes dans l’histoire où le réfugié a été le bienvenu ?

P. W. : Il y a une corrélation directe entre le niveau de chômage et la perception des étrangers. La période n’est pas très favorable. Le droit d’asile est l’un des principes fondamentaux de la République que la France a toujours respecté, même à la veille de la Seconde guerre mondiale à l’égard des réfugiés espagnols...

Les réfugiés, souvent perçus comme une charge, sont-ils une chance pour la France et l’Europe ?

P. W. : Ce n’est ni une charge ni une chance mais un principe que l’on respecte parce qu’il donne sens à notre République.

En plus, bien souvent, il s’agit de personnes qualifiées. De personnes qui ont eu beaucoup de courage pour quitter leur pays, leur famille, qui se sont battues pour leurs idées, qui ont été persécutées. Quand elles ont pu venir s’installer sur le territoire, elles ont beaucoup apporté à la France.

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Rémy Kossonogow - dans point de vue
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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 00:53

Renée Greusard

Article intégral http://nolyo-tv.com/?page=match&voir=regarder-castres-toulon-streaming&id=4064
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Comment faut-il appeler les personnes qui meurent par milliers, avalées, englouties dans le ventre de l’Atlantique ou de la Méditerranée ? Comment faut-il appeler ceux qui à Calais rêvent de passer en Angleterre, partis de leur pays pour sauver leur peau ? Et ceux qui sont venus pour une vie meilleure tout simplement ? …/…

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Chez nos voisins

Ailleurs, le débat sémantique existe aussi. Exemple chez nos voisins britanniques : le gouvernement a demandé à un changement sémantique comme le raconte cet article du Daily Mail, en décembre 2014.

« Ne dites plus “immigrants illégaux” : le gouvernement préfère “entrants clandestins” ou “migrants en situation irrégulière” pour éviter les connotations. »

« “Pour la énième fois, cessez d’appeler des réfugiés des migrants”, s’exclame PMR. “Ces êtres humains ne migrent pas, ils fuient. Les qualifier de migrants en fait des exclus, des aliens, des étrangers indésirables, ce n’est donc pas anodin.”

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Qui utilise encore le mot « clandestin » ?

Comme toujours le choix des mots n’est pas anodin, et il se joue une bataille politique autour de l’emploi de chacun d’entre eux. Tous ne correspondent pas à la même situation juridique (réfugiés/étranger en situation irrégulière, par exemple) et ne projettent pas la même image (migrant/clandestin, par exemple). Il y a donc un sens au glissement de l’un à l’autre.

Ainsi peut-on noter que quasiment plus personne aujourd’hui, dans les médias n’utilise le mot « clandestin » sans l’accoler à « travailleur ». Certes, il existe des exceptions comme cette dépêche AFP qui raconte :

« Marchant pendant des heures, Abdul Rahman Haroun, un clandestin soudanais de 40 ans, était parvenu à parcourir presque entièrement les 50 kilomètres du tunnel sous la Manche pour rejoindre l’Angleterre, avant d’être interpellé. Lundi, il a plaidé “ non coupable ” devant la justice britannique. »

Mais pour une utilisation du mot « clandestin » dans cette dépêche, on en trouve :

  • huit de migrants ;
  • deux de réfugiés ;

« Clandestin » qu’on utilisait hier sans souci est donc devenu minoritaire et péjoratif, supplanté par « migrants » notamment, souvent pour désigner la même réalité juridique. A Rue89, la dernière occurrence du mot utilisé de manière autonome date de 2014.

« C’est l’histoire d’un clandestin tunisien abattu en plein Paris »

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Le clandestin, c’est le « migrant » des autres

Aujourd’hui, le « clandestin », semble être surtout le « migrant » des autres. Exemple quand le Figaro parle d’Israël :

« Israël relâche des centaines de clandestins »

Ou quand les Echos parlent d’une promesse de Donald Trump :

« Pas un jour ne passe sans que celui qu’on surnomme “ The Donald ” fasse une nouvelle proposition contre les clandestins. »

Et il n’y a guère que des sites marqués à droite pour se plaindre de cette disparition et lutter contre. Sur le site « Je suis stupide, j’ai voté Hollande », on trouve ce coup de gueule :

« Il n’y a plus de clandestins en France, ni de sans-papiers, il n’y a plus que des migrants ! Ils n’ont donc pas violé nos frontières ou ne sont pas restés illégalement chez nous après l’expiration de leur titre de séjour. Ils ont simplement “ migré ”. »

Des sites de droite ou Thierry Mariani sur Twitter...

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Pierre Haski ne veut plus entendre dire migrants’

Que cet internaute passe à autre chose ! Car déjà la plupart des militants ne veulent plus du froid ‘migrants’ et mon chef bien-aimé et vénéré, Pierre Haski, non plus, comme il le disait dans cet édito : ‘Réfugiés ou migrants ? L’Europe doit aider les Syriens en fuite.’

‘Quand arrêtera-t-on de qualifier de migrants ’ des hommes, femmes et enfants qui ont le droit d’être considérés comme des ‘ réfugiés ’, fuyant une guerre terrible ?”

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Dire désormais réfugié ou exilé

Ainsi, le Secours catholique écrit sur son site :

“Afghans, Irakiens, Iraniens, Soudanais, Syriens, Kurdes, Érythréens : des hommes, des femmes – et des enfants – transitent ainsi par Calais depuis maintenant vingt ans. L’immense majorité d’entre eux fuient la guerre ou la répression et relèvent d’un besoin de protection internationale : ce sont des réfugiés que la France, le Royaume-Uni et l’ensemble des Etats de l’Union européenne se sont engagés à protéger lorsqu’ils ont signé, en 1951, la Convention de Genève sur les réfugiés [1].”

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Un enfant ne peut pas être un “migrant”

Sur son site, le HCR (Haut commissariat aux réfugiés) évoque lui “la plus forte hausse depuis 22 ans concernant le nombre de demandes d’asile déposées dans les pays industrialisés.”

“Selon le rapport statistique du HCR sur les niveaux et tendances de l’asile en 2014 dans les pays industrialisés, le nombre des nouvelles demandes d’asile déposées dans les pays industrialisés s’élève à 866 000, soit une augmentation de 45% par rapport à 2013 lorsque 596 600 demandes d’asile avaient été enregistrées. Le chiffre de 2014 est le plus élevé depuis 1992, au début du conflit en Bosnie-Herzégovine.”

Tandis qu’un autre communiqué de l’agence des Nations unies soulignait en juin que :

“Plus de la moitié de la population réfugiée est composée d’enfants, une proportion tout à fait alarmante.”

Nous avons désormais tous en tête des images bouleversantes de familles épuisées, d’enfants dans les bras de leurs parents. Comme cette photo dont nous vous parlions récemment et qui est devenue virale.

Ce que dit le glissement de “clandestin” vers “réfugié” ou “exilé”, c’est donc aussi un ressenti, une émotion vive, une prise de conscience collective. Un enfant ne peut pas être un “migrant”. Le regard aussi a changé.

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 00:47

août 2015 Catherine Wihtol De Wenden

texte intégral : http://blogs.mediapart.fr/blog/hazies-mousli/290815/catherine-wihtol-de-wenden-l-europe-transforme-la-mediterranee-en-un-vaste-cimetiere-orient-xxi

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"De façon maintenant récurrente, des milliers de migrants meurent en Méditerranée. Le pic a été atteint dans la nuit du 19 au 20 avril 2015 avec le décès de 800 Subsahariens, sans que l’opinion internationale s’en émeuve au point de considérer que la politique européenne en est largement responsable. Jusqu’à quand et après combien de morts l’Europe va-t-elle enfin changer de politique et mettre en accord ses principes et sa politique ?

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La « mer du milieu des terres » des Romains, la Méditerranée, terre d’échanges de Fernand Braudel, n’a plus grand-chose à voir avec les drames qui s’y nouent aujourd’hui. La division la plus pertinente pour y analyser les flux migratoires serait encore celle d’Yves Lacoste qui distingue trois Méditerranées : celle du Maghreb et de l’Europe, celle des Balkans et celle du Proche-Orient. Cette distinction est encore valable pour analyser la variété des flux qui viennent se fracturer sur la rive nord, en Italie, en Grèce, en Espagne, à Malte. Des jeunes, souvent subsahariens, ou encore des « grilleurs de frontières » maghrébins (harraga) qui recourent aux services des passeurs quand l’obtention d’un visa leur paraît hors de portée, des demandeurs d’asile (souvent en famille) du Proche-Orient, des migrants des Balkans aux statuts évolutifs en fonction des adhésions à l’Union européenne.

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DES POLITIQUES MORTIFÈRES Les causes du désastre sont multiples. D’abord, une jeunesse de plus en plus urbaine, scolarisée et diplômée au Sud, qui considère qu’elle a peu d’espoir de réaliser son projet de vie sans émigrer, du fait du chômage et de l’absence de perspectives, des crises et des conflits qui ont suivi les révolutions arabes (Libye, Syrie), mais aussi à d’autres facteurs (guerres dans la Corne de l’Afrique, au Soudan, en Irak). Ensuite, une « offre de voyage » à la mesure de l’interdiction d’entrer pour le plus grand nombre : passeurs et trafiquants demandent des sommes considérables qui représentent souvent toute l’épargne d’une famille.

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De multiples contournements ont été inventés par les migrants et les passeurs pour contrevenir à l’interdiction d’entrée : bateaux de fortune (pateras), Zodiacs, chalutiers et cargos en fin de vie ; passage terrestre, par la Turquie, la Grèce ou la Bulgarie. Les pays du sud de la Méditerranée, hier pays de départ, sont aussi devenus des pays de transit et d’installation précaire, comme c’est le cas pour la Libye qui a menacé l’Europe de l’envahir de clandestins, du Maroc autour de l’enclave espagnole de Ceuta et Melilla, et bien au-delà. En France, la « jungle » de Calais illustre les limites du système de Schengen quand un pays frontalier ne l’applique pas, comme le Royaume-Uni.

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Le 3 octobre 2013, quand 366 morts se sont échoués au large de l’île sicilienne de Lampedusa, dans un contexte de défaut de solidarité de l’ensemble des pays européens à l’égard de l’Europe du Sud, la plus touchée par les arrivées clandestines, l’Italie a décidé de créer l’opération de sauvetage en mer « Mare Nostrum », qui a duré un an et a sauvé des milliers de naufragés. C’est « Triton », une opération appartenant au système Frontex qui a pris le relais, mais dans une fonction essentiellement de contrôle cette fois, avec des moyens plus faibles et une zone d’intervention limitée aux eaux territoriales. Le 23 avril 2015, après la mort de 800 Subsahariens, la réponse européenne a été la même que le 4 octobre 2013 : renforcer Frontex par davantage de moyens, partager le fardeau, réprimer le trafic. Alors que des pays comme la Turquie et le Liban ont accueilli chacun plus d’un million et demi de réfugiés syriens, les pays européens se sont montrés très frileux3.

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CATHERINE WIHTOL DE WENDEN

Sociologue, docteure en science politique, directrice de recherche (CNRS, Centre d’études et de recherches internationales — CERI-Sciences Po). Spécialiste des migrations internationales, elle a écrit plusieurs ouvrages sur ce sujet, parmi lesquels l’Atlas mondial des migrations, Autrement, 2012 et La question migratoire au XXIe siècle. Migrants, réfugiés et relations internationales, Presses de Sciences Po, 2010.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 17:57

Au moment où l’Europe reste démunie face à l’arrivée des migrants, deux chercheurs qui travaillent sur les flux migratoires prennent à contre-pied le discours dominant. Voici leur plaidoyer.

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Entre 2000 et 2014, 40.000 migrants sont morts aux frontières, dont 22.000 en tentant de rejoindre l’Europe, qui est aujourd’hui devenue, pour eux, la destination la plus dangereuse au monde.

Pour la seule année 2014, plus de 3500 sont morts noyés en Méditerranée.

Le décompte macabre continue chaque jour. Et les survivants sont bloqués aux frontières externes mais aussi internes de l’Europe (comme ces derniers jours entre l’Italie et la France), multipliant les situations de mise à l’écart, de violence et d’humiliation. Cela au nom d’une raison d’Etats européens qui disent répondre aux peurs et aux demandes des habitants pour plus de sécurité, de contention et d’imperméabilité.

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Et pourtant, nous affirmons qu’il serait plus rationnel, plus juste, plus sûr, d’ouvrir les frontières. A l’opposé de l’idée trop répandue dans les médias et les discours politiques, cette proposition n’a rien d’un fantasme naïf et irréaliste. Au contraire : c’est l’ouverture des frontières qui permettrait enfin de sortir d’un engrenage de violences qui a déjà fait des milliers de morts parmi les migrants, et de dessiner un horizon pour un véritable projet politique européen en matière d’asile et d’immigration.

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Voici dix raisons pour lesquelles il faut ouvrir les frontières.

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1. Parce que fermer les frontières ne sert à rien

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Notre premier argument est de bon sens. Le fait migratoire est un fait social, une réalité du monde contemporain, auquel il est absurde de vouloir résister. Vouloir empêcher les migrations est aussi vain que de vouloir empêcher la nuit de succéder au jour. Les gens ne choisissent pas de migrer ou de rester parce qu’une frontière est ouverte ou fermée.

L’idée que la fermeture des frontières puisse limiter les flux migratoires est irréaliste et criminelle, et méconnaît complètement la réalité des migrations. Elle ne fait que rendre les déplacements plus précaires, plus coûteux et plus dangereux, transformant la Méditerranée en charnier. Ouvrir les frontières, c’est avant tout permettre aux gens de migrer dans des conditions sûres et dignes, c’est mettre un terme à la tragédie qui se joue aux frontières de l’Europe.

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2. Pour lutter contre les passeurs

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Ouvrir les frontières, légaliser les mobilités de tous, c’est tuer dans l’œuf le business de ceux qui ont fait profession du trafic de cargaisons humaines, en profitant, de plus en plus et de manière de plus en plus dangereuse, d’une économie de la prohibition. Ouvrir les frontières, c’est la manière la plus efficace de lutter contre les passeurs. C’est permettre aux migrants d’arriver en avion plutôt qu’en bateau.

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3. Parce que l’invasion annoncée est un fantasme

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Aucune enquête n’a prouvé la véracité des «appels d’air» ou des «invasions» tant annoncés et fantasmés. La construction du mur entre le Mexique et les Etats-Unis n’a nullement ralenti les flux migratoires entre les deux pays, pas plus que l’ouverture de la frontière entre l’Inde et le Népal n’a provoqué d’afflux massifs de migrants, comme l’ouverture des frontières au sein de l’Europe de Schengen.

Ni l’opération de sauvetage Mare Nostrum, menée par l’Italie en 2014, ni les régularisations de migrants en situation irrégulière (600.000 en Espagne en 2005, 500.000 en Italie en 2006, près de cinq millions aux Etats-Unis en 2014, etc.) n’ont jamais provoqué d’augmentation soudaine et significative de la migration «clandestine». Elles ont juste permis de commencer à réconcilier les migrants avec leurs sociétés de départ et de destination.

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4. Pour permettre aux migrants de rentrer au pays

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Argument paradoxal, et pourtant : ouvrir la frontière, c’est certes laisser entrer le migrant, mais c’est aussi lui permettre de repartir sans inquiétude. Beaucoup de migrants sont aujourd’hui coincés dans leur pays de destination, par peur de ne plus pouvoir y revenir ensuite si jamais ils en sortaient. Ouvrir les frontières rendrait la mobilité plus fluide, et permettrait à des milliers de migrants de rentrer au pays voir une famille qu’ils n’ont parfois pas revue depuis plusieurs années.

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5. Parce que les migrants pourront déployer tout leur potentiel économique

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Toutes les études montrent que la contribution économique des migrants à leur pays de destination est d’autant plus positive que leur situation y est sûre et légale. Rendre toutes les migrations légales ferait de facto disparaître l’immigration «clandestine», et permettrait aux migrants de déployer leur plein potentiel économique dans le pays d’accueil.

Leur contribution économique est aussi dirigée vers leur pays d’origine: les transferts financiers des migrants vers leurs familles représentent trois fois le montant de l’aide officielle au développement versé par les pays industrialisés. Il est absurde de lier l’aide au développement au contrôle des migrations puisque au contraire, c’est la mobilité qui est un facteur potentiellement puissant de développement.

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6. Pour permettre un progrès social

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L’embauche des travailleurs étrangers en situation irrégulière dans les pays riches est un «dumping social», l’équivalent d’une «délocalisation sur place»: les pires conditions sociales sont imposées à des travailleurs sans droits. La légalisation des migrants leur donnerait accès aux mêmes droits et aux mêmes rémunérations que les autres salariés.

Elle rendrait visible leur participation à l’économie du pays d’accueil, notamment par leur contribution – et celle de leurs employeurs – aux prestations sociales. Par nature, la migration «illégale» n’existe plus avec des frontières ouvertes. Les situations de précarité administrative disparaissent et les conditions de travail s’améliorent et s’harmonisent.

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7. Parce que la liberté de circulation est un droit fondamental

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Le droit de quitter son pays est inscrit dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. C’est une question de liberté et d’égalité. Le destin des uns et des autres est déterminé par l’endroit où ils/elles sont né/e/s. C’est la fermeture des frontières qui crée le privilège du lieu de naissance, cette inégalité insupportable. L’ouverture des frontières reconnaît la légitimité de toute migration, et le droit à la mobilité de chacun.

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8. Pour mieux connaître les migrants et mieux protéger ceux qui en ont besoin

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Il faut le répéter : ouvrir les frontières, ce n’est pas supprimer les frontières. Soyons légalistes : le fait d’autoriser les libres circulations permettrait de mieux les accompagner, de savoir où vont les migrants et dans quelles conditions. C’est s’assurer que les migrations se déroulent dans les meilleures conditions possibles pour tous, et que ceux qui ont besoin d’être protégés le soient effectivement.

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9. Parce qu’il est possible de remettre l’hospitalité au centre de la politique

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Des voisins solidaires et mobilisés, un tissu associatif dense capable d’organiser l’accueil des étrangers et aider leur insertion, des villes qui créent de meilleures conditions de logement en centres d’accueil pour les errants : telles sont les formes d’une hospitalité sans condition qui existent déjà dans la société et qu’un gouvernement aurait la possibilité de mobiliser et d’aider, à l’opposé de la guerre aux migrants qui forme aujourd’hui le régime officiel de pensée et d’action.

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10. Pour réaffirmer l’unité de l’Homme

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Dans les années 1930, les juifs ou les exilés espagnols étaient devenus des «indésirables». Aujourd’hui, face au retour de l’idée qu’une partie des humains sont indésirables, nous avons le choix de réaffirmer l’unité de l’Homme et traduire cette idée en politique. Contre l’obscurantisme, il s’agit simplement de relancer l’humanisme.

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27-06-2015, Michel Agier et François Gemenne Source : nouvelobs.com

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 00:26

Article intégral publié ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/fini-de-rire/121214/ces-refugies-qui-cherchent-protection-en-france

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Réfugiés, demandeurs d'asile, migrants, immigrés, clandestins, nomades par contrainte, comment nommer ces personnes venues d'ailleurs? "Eux", "eux-pas-nous", ces autres dont, souvent, on ne connait le pays qu'ils ont laissé derrière eux que par le catastrophisme simpliste des médias? Quoi qu'il en soit, à partir du moment où il les reconnaît comme demandeurs d'asile, l'État doit leur procurer toit et nourriture, en vertu des conventions internationales signées et ratifiées.

Pourquoi les accueillir, comment les recevoir? Il n'est pas sûr que le pouvoir en place sur leur territoire d'élection se pose vraiment ces questions. Il va plutôt commencer par établir des procédures, puis des critères pour faire entrer les gens dans les catégories prévues par ces procédures, au chaussepied s'il le faut, puis évaluer le degré de satisfaction des critères que présente la vie de ces gens. Si l'accord est jugé satisfaisant, la personne se voit accorder le droit de rester pour reconstruire sa vie "normalement". Sinon, c'est le refus de protection, assorti du soupçon de tromperie. Et comme on doit payer pour avoir voulu abuser de la "générosité" du pays d'arrivée, on se voit intimer l'ordre de repartir d'où on est venu. Si une partie de ces personnes de ces familles sont alors expulsées …/… la plupart restent et s'intègrent sans droits, espérant pouvoir régulariser leur situation administrative, dans cinq ans, dans dix ans...

Les statistiques de l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), illustrées par la figure 1 pour les années 2007 à 2013, montrent que le nombre de mesures de protection prises chaque année n'a pas de relation bien claire avec le nombre de demandes reçues. On se trouve actuellement dans une phase d'intensification des demandes, avec 65900 demandes en 2013, contre 35500 en 2007, mais une nombre de réponses positives qui reste compris entre 8800 et 11400. Ce constat ne peut que suggérer l'hypothèse de quotas de fait.

Ces réfugiés qui cherchent protection en France

On peut aussi comparer la "pression" de la demande en France avec ce qui se passe dans les pays voisins, …/… Si l'on tient compte de la population des pays d'accueil, la France ne se trouve pas dans un situation exceptionnelle, entre, d'une part, la Belgique, les Pays-Bas et la Suisse, très sollicités et; d'autre part, l'Italie et la Grande-Bretagne et, surtout, l'Espagne et le Portugal, beaucoup moins sollicités.

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…/…

Martine et Jean-Claude Vernier

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 09:48
Non, nous n'accueillons pas toute la misère du monde

Par poppie Publié intégralement ici http://blogs.mediapart.fr/blog/poppie/061114/non-nous-naccueillons-pas-toute-la-misere-du-monde

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Nous n'en faisons pas notre part non plus, pour reprendre une phrase souvent entendue.

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La France avait pris l'engagement -que l'on pouvait déjà trouver minimal, compte tenu des besoins immenses- d'accueillir sur son sol 500 réfugiés Syriens, fuyant les horreurs de la guerre. Cet engagement n'est pas tenu, loin de là. Les pays frontaliers de la Syrie, Liban, Turquie, Jordanie, se retrouvent avec un afflux massif de personnes sans ressources qu'elles s'efforcent de nourrir, soigner et loger; Ces frontaliers, eux-mêmes, ne sont pas des pays riches, un tel afflux les fragilise encore. Il semble que solidarité, hospitalité soient cependant pour eux des mots qui ont encore un sens. Dans nos pays occidentaux, où des richesses existent, ces notions semblent être désormais dénuées de signification. La France se distingue encore par sa mauvaise volonté.

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Une nouvelle fois, alors que l'hiver commence, rendant plus dures encore leurs conditions de (sur)vie, Amnesty International s'émeut devant la détresse des personnes déplacées.

Réfugiés de Syrie : comment la France peut-elle être aussi loin du compte ?

Il y a un an, le président François Hollande avait annoncé l’accueil de 500 réfugiés de Syrie en France. Un an après, plus de la moitié attendent toujours dans les pays voisins de la Syrie, qui reçoivent aujourd’hui la presque totalité des réfugiés. Face à cette situation inacceptable, il est temps de réagir

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Suite à l'annonce de l'accueil de 500 réfugiés syriens en octobre 2013, nous avions interpellé le président François Hollande par une lettre ouverte en lui rappelant que cet engagement était plus qu’insuffisant.

UNE SITUATION CATASTROPHIQUE

Le conflit en Syrie a donné lieu à la plus grave crise en termes de personnes déplacées dans le monde. Aujourd’hui, plus de 3,3 millions de réfugiés ont fui la Syrie et 6,5 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur de la Syrie.

Le président de la République avait brandi le chiffre de 500 comme un signe de solidarité. Pendant ce temps, les pays voisins comme le Liban, la Turquie et la Jordanie accueillent la plupart des réfugiés de Syrie. …/…

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L’hiver rigoureux qui s’annonce risque d’aggraver les conditions de vie des réfugiés.

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FACE A CETTRE CRISE, UNE OBLIGATION INTERNATIONALE

Partager l’accueil des réfugiés entre les Etats, face à une crise comme celle qui secoue la Syrie, est une obligation internationale qui s’impose aux Etats ayant, comme la France, ratifié la convention de Genève de 1951 qui protège les réfugiés.

La réinstallation des réfugiés identifiés par le HCR – à la différence des réfugiés de Syrie qui arrivent en France par leurs propres moyens et qui déposeront une demande d’asile - est un moyen efficace pour mettre à l’abri les personnes les plus vulnérables qui sont bloquées dans des camps surpeuplés ou de fortune.

Il est important d’élaborer une réponse globale à la crise des réfugiés au Moyen-Orient, notamment en Syrie et en Irak. Cette réponse doit s’axer sur l’aide humanitaire, un programme d’aide aux pays d’accueil pour faire face aux besoins des réfugiés en termes d’éducation, de santé et de logement, et la réinstallation de dizaines de milliers de réfugiés dans les années à venir.

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LA FRANCE DOIT AGIR MAINTENANT

Les États comme la France envoient des fonds pour que les réfugiés restent en Turquie, au Liban ou ailleurs, plutôt que de les accueillir ici. Quel que soit le montant de la contribution financière, certes très importante, il ne remplace pas la réinstallation et l’accueil des réfugiés.

Nous demandons à la France d’agir, rapidement et efficacement, pour tenir ses promesses et afficher leur solidarité avec ces personnes fuyant le conflit qui ravage la Syrie.

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 00:08

Article publié ici https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/10/22/renversement/

Passeurs d'hospitalités ~ des exilés à Calais

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L’augmentation graduelle du nombre d’exilés présents à Calais depuis un peu plus d’un an n’a tout d’abord pas suscité de réaction particulière des pouvoirs publics, à part des expulsions de squats et de campements qu’on pourrait presque qualifier de routine dans le climat de violence qui règne à Calais (comme le squat des Érythréens le , et le campement des Soudanais le 11 avril 2014). .../...

RENVERSEMENT : point sur la situation à Calais

Les expulsions de campements le 28 mai (voir ici et ), puis de campement et de squats le 2 juillet (voir ici, ici et ), avaient donné une mauvaise image de l’État à la fois par leur brutalité, mais aussi par l’impression qu’elles donnaient d’improvisation et d’absurdité, comme une répétition vaine et obstinée de la même chose ne débouchant sur aucune solution.

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La communication des autorités cet été a surtout porté sur les aspects spectaculaires, pouvant notamment interpeler l’opinion publique britannique :tentatives de passage « en masse », « assauts » du port, « rixes » entre exilés début août. Un accord est intervenu avec le gouvernement britannique, avec à la clé un chèque de 15 millions d’euros sur trois ans pour renforcer la sécurisation du port.

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La manifestation anti-migrants du 13 octobre, à l’appel du syndicat Unité SGP Police Force Ouvrière, qui a réunit des policiers, des chasseurs, des agriculteurs, des commerçants et tenanciers de bars, le Front national, es élus de la majorité municipale, Sauvons Calais, participe d’une nouvelle phase. Les reportages se multiplient montrant le ras-le-bol de la « population », la violence et la dangerosité des « migrants » (à partir de sources policières). Là où Sauvons Calais pouvait apparaitre marginal et excessif, le syndicat de policiers donne de la crédibilité aux thèses avancées, même si ses assertions sont contredites par les statistiques officielles de la police.

Campagne visant à développer a peur des exilés et mise en scène de l’hostilité de la population préparent la relégation à l’écart de Calais, de l’autre côté de la rocade de contournement, et probablement une nouvelle phase de répression, loin des regards, conformément au nouvel accord franco-britannique.

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 00:08
L’économie de la frontière

L’économie de la frontière, Claire Rodier (Migreurop, GISTI)

Colloque international de l’antiAtlas des frontières

http://www.antiatlas.net/blog/2014/08/27/colloque-rodier/

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